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Le petit génie de l'informatique qui avait fondé Apple fait un come-back dans les «cartoons».

Cétait le Bill Gates des années
80. Cofondateur d'Apple à 21 ans, Steve Jobs avait lancé
en 1984 le Macintosh, le micro-ordinateur qui a révolutionné
l'informatique : pour la première fois, il suffisait de
cliquer, à l'aide d'une souris, sur une icône pour
lancer un logiciel. Mis à la porte en 1985 par John Sculley,
le directeur général d'Apple qu'il avait lui-même
fait venir de chez Pepsi, il avait fondé quelques mois
plus tard une nouvelle société d'informatique, Next,
qui continue aujourd'hui de se développer sur le marché
des logiciels professionnels.
Dix ans plus tard, assagi (il ne roule plus en Porsche mais en
Jeep Cherokee), Jobs fait un retour en fanfare dans le dessin
animé. «Toy Story», le dernier succès
des studios Walt Disney outre-Atlantique, ce film est sur
le point de dépasser «Pocahontas» au box-office
a en effet été entièrement réalisé
en images de synthèse par la société d'animation
vidéo Pixar, qu'il détient à 80%. Cette firme
californienne, inconnue du grand public il y a encore quelques
mois, est la nouvelle coqueluche des médias américains.
Futé, l'ancien trublion de la Silicon Valley en a profité
pour introduire une partie de sa société en Bourse.
Bingo ! Fin novembre, les actions, proposées à 14
dollars, se sont vendues jusqu'à 49 dollars. A 40 ans,
ce père de trois enfants se retrouve ainsi avec une plus-value
potentielle de 1 milliard de dollars, à comparer aux 10
millions qu'il a déboursés en 1986 pour racheter
Pixar à George Lucas.
L'ex-star de l'informatique avait flairé la bonne affaire
dès le début des années 80, lorsque le producteur
de «La Guerre des étoiles» lui avait fait visiter
son entreprise. Ironie du sort, Steve Jobs avait tenté
de l'acquérir lorsqu'il était encore président
d'Apple, mais son conseil d'administration s'y était opposé.
Finalement, c'est grâce aux 120 millions de dollars obtenus
en liquidant, après son départ, sa participation
dans le capital du constructeur d'ordinateurs qu'il a réalisé
un vieux rêve : prendre pied dans l'industrie cinématographique.
En dix ans, Jobs a investi 50 millions de dollars supplémentaires
dans Pixar. Le temps, pour son directeur artistique, John Lasseter,
et son directeur technique, Ed Catmull, de mettre au point des
logiciels qui permettent de réaliser en trois ans un dessin
animé de 78 minutes avec seulement 110 personnes. Six fois
moins que les équipes de Disney, pourtant réputées
pour leur productivité ! Aux Etats-Unis, cette utilisation
des techniques de la Silicon Valley par Hollywood a donné
naissance à un néologisme : le «Siliwood»
Jacques Henno
Lire également mes deux articles sur Apple :
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