Retour à la liste des articles

Articles parus dans Capital

Jean-Louis Gassée : la revanche d'un pionnier de la micro (octobre 1996)

Apple songe à racheter l'entreprise fondée par son ancien numéro 2, le Français Jean-Louis Gassée.

Viré, puis racheté, six ans plus tard, par son ancien employeur Jean-Louis Gassée, ex-numéro 2 d'Apple, pourrait bien connaître ce destin inédit. Au mois de mars 1990, ce Français avait été débarqué de son poste de responsable «recherche et développement» par John Sculley, le P-DG de l'époque. Aujourd'hui, notre homme tient peut-être sa revanche.
Depuis quelques semaines, l'équipe de Gilbert Amelio, l'actuel président du constructeur informatique, étudie de près le rachat de Be Inc, l'entreprise que Jean-Louis Gassée avait créée quelques mois après son éviction. Pendant cinq ans, cette «start-up» avait été la risée de toute la Silicon Valley. Aucun produit ne sortait de ses bureaux de Menlo Park, installés au sud de San Francisco. Gassée n'a dévoilé le fruit de cette longue gestation qu'en octobre 1995 : un système d'exploitation (l'interface entre l'ordinateur et l'utilisateur) révolutionnaire, capable d'accomplir très rapidement plusieurs opérations en même temps. Le «Frenchy» a pourtant eu beaucoup de mal à trouver les fonds nécessaires à la commercialisation de son produit. «J'ai bien cru que j'allais tout arrêter», avoue-t-il maintenant. En mars dernier, in extremis, plusieurs venture-capitalists américains, dont Jean Deleage et David Marquardt, ainsi qu'un petit groupe de Français réunis autour de l'homme d'affaires Christian Marchandise, lui ont apporté 70 millions de francs.
Sept mois plus tard, nouvelle déception : la société, qui emploie trente salariés, n'a conquis que 1 000 clients. Heureusement, les dirigeants d'Apple, à la recherche d'un nouveau système d'exploitation, s'intéressent à son produit. «Le constructeur informatique nous a effectivement approchés, confirme un des partenaires financiers de Be Inc. Mais Gassée hésite : un rachat par Apple, confronté à de graves difficultés, n'est pas forcément la meilleure solution.» Pas sûr que les résultats de son entreprise lui permettent de tergiverser longtemps.

Jacques Henno


 Retour à la liste des articles

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons

Creative Commons License

Si vous souhaitez reproduire tout ou partie des contenus de cette page, merci de :

- indiquer l'origine (Jacques Henno / www.henno.com) des informations que vous citez ;

- ne pas modifier les données originelles ;

- ne pas reproduire ces contenus à des fins commerciales.

Mentions légales