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Apple songe à racheter l'entreprise fondée par son ancien numéro 2, le Français Jean-Louis Gassée.
Viré, puis racheté,
six ans plus tard, par son ancien employeur Jean-Louis Gassée,
ex-numéro 2 d'Apple, pourrait bien connaître ce destin
inédit. Au mois de mars 1990, ce Français avait
été débarqué de son poste de responsable
«recherche et développement» par John Sculley,
le P-DG de l'époque. Aujourd'hui, notre homme tient peut-être
sa revanche.
Depuis quelques semaines, l'équipe de Gilbert Amelio, l'actuel
président du constructeur informatique, étudie de
près le rachat de Be Inc, l'entreprise que Jean-Louis Gassée
avait créée quelques mois après son éviction.
Pendant cinq ans, cette «start-up» avait été
la risée de toute la Silicon Valley. Aucun produit ne sortait
de ses bureaux de Menlo Park, installés au sud de San Francisco.
Gassée n'a dévoilé le fruit de cette longue
gestation qu'en octobre 1995 : un système d'exploitation
(l'interface entre l'ordinateur et l'utilisateur) révolutionnaire,
capable d'accomplir très rapidement plusieurs opérations
en même temps. Le «Frenchy» a pourtant eu beaucoup
de mal à trouver les fonds nécessaires à
la commercialisation de son produit. «J'ai bien cru que
j'allais tout arrêter», avoue-t-il maintenant. En
mars dernier, in extremis, plusieurs venture-capitalists américains,
dont Jean Deleage et David Marquardt, ainsi qu'un petit groupe
de Français réunis autour de l'homme d'affaires
Christian Marchandise, lui ont apporté 70 millions de francs.
Sept mois plus tard, nouvelle déception : la société,
qui emploie trente salariés, n'a conquis que 1 000 clients.
Heureusement, les dirigeants d'Apple, à la recherche d'un
nouveau système d'exploitation, s'intéressent à
son produit. «Le constructeur informatique nous a effectivement
approchés, confirme un des partenaires financiers de Be
Inc. Mais Gassée hésite : un rachat par Apple, confronté
à de graves difficultés, n'est pas forcément
la meilleure solution.» Pas sûr que les résultats
de son entreprise lui permettent de tergiverser longtemps.
Jacques Henno
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