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Eric Benhamou : la star française de la Silicon Valley

(avril 1997)

A 40 ans, Eric Benhamou vient de signer la deuxième plus grosse acquisition de toute l'histoire de l'informatique. Ce Français, patron de 3 Com, une société californienne qui réalise 2,8 milliards de dollars (16 milliards de francs) de chiffre d'affaires dans les équipements de réseaux informatiques, va racheter US Robotics, un des leaders mondiaux des modems, ces petits
boîtiers électroniques qui permettent aux ordinateurs de communiquer entre eux via le téléphone. Un marché qui, grâce au développement d'Internet, est en pleine explosion.
La transaction, qui se fera par échange d'actions, est évaluée à 37 milliards de francs. Avec 12 000 salariés et des ventes estimées à 28 milliards de francs, la nouvelle société devrait devenir le numéro 2 mondial de son secteur. «C'est Casey Cowell, le P-DG de US Robotics, qui a fait le premier pas, raconte Benhamou. Il m'a appelé pour étudier une meilleure coopération entre nos deux groupes. Après réflexion, je lui ai proposé de racheter son entreprise.»
Beau parcours pour ce pied- noir né à Tlemcen, une petite ville algérienne, et arrivé, comme beaucoup d'autres rapatriés, à Grenoble en 1960. Son diplôme des Arts et Métiers en poche, il est parti en 1976 pour Stanford, une des plus prestigieuses universités américaines, située dans la Silicon Valley, au sud de San Francisco. «La région connaissait un formidable développement : les micro-ordinateurs venaient de faire leur apparition, se souvient-il. J'ai décidé d'y rester pour tenter ma chance.» Il y a travaillé sur les réseaux informatiques avant de fonder, en 1981, avec deux copains, Bridge Communications, une des premières sociétés à se lancer dans ce domaine. En 1987, l'entreprise fusionne avec 3 Com, dont il devint le président en 1990.
Aujourd'hui reconnu comme un des meilleurs spécialistes mondiaux du high-tech, il vient d'être nommé par Bill Clinton au «Advisory committee on next generation information technology», une commission créée en février dernier pour conseiller le gouvernement fédéral sur sa stratégie de recherche dans les télécoms, Internet et les ordinateurs. Son seul regret ? Voir son pays d'origine accumuler les retards dans les nouvelles technologies. «Si j'étais resté en France, je n'aurais jamais connu une telle réussite», estime-t-il. Après le rachat de US Robotics, sa fortune personnelle devrait dépasser les 400 millions de francs.
Jacques Henno


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