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A 40 ans, Eric Benhamou vient de signer la
deuxième plus grosse acquisition de toute l'histoire de
l'informatique. Ce Français, patron de 3 Com, une société
californienne qui réalise 2,8 milliards de dollars (16
milliards de francs) de chiffre d'affaires dans les équipements
de réseaux informatiques, va racheter US Robotics, un des
leaders mondiaux des modems, ces petits
boîtiers électroniques qui permettent aux ordinateurs
de communiquer entre eux via le téléphone. Un marché
qui, grâce au développement d'Internet, est en pleine
explosion.
La transaction, qui se fera par échange d'actions, est
évaluée à 37 milliards de francs. Avec 12
000 salariés et des ventes estimées à 28
milliards de francs, la nouvelle société devrait
devenir le numéro 2 mondial de son secteur. «C'est
Casey Cowell, le P-DG de US Robotics, qui a fait le premier pas,
raconte Benhamou. Il m'a appelé pour étudier une
meilleure coopération entre nos deux groupes. Après
réflexion, je lui ai proposé de racheter son entreprise.»
Beau parcours pour ce pied- noir né à Tlemcen, une
petite ville algérienne, et arrivé, comme beaucoup
d'autres rapatriés, à Grenoble en 1960. Son diplôme
des Arts et Métiers en poche, il est parti en 1976 pour
Stanford, une des plus prestigieuses universités américaines,
située dans la Silicon Valley, au sud de San Francisco.
«La région connaissait un formidable développement
: les micro-ordinateurs venaient de faire leur apparition, se
souvient-il. J'ai décidé d'y rester pour tenter
ma chance.» Il y a travaillé sur les réseaux
informatiques avant de fonder, en 1981, avec deux copains, Bridge
Communications, une des premières sociétés
à se lancer dans ce domaine. En 1987, l'entreprise fusionne
avec 3 Com, dont il devint le président en 1990.
Aujourd'hui reconnu comme un des meilleurs spécialistes
mondiaux du high-tech, il vient d'être nommé par
Bill Clinton au «Advisory committee on next generation information
technology», une commission créée en février
dernier pour conseiller le gouvernement fédéral
sur sa stratégie de recherche dans les télécoms,
Internet et les ordinateurs. Son seul regret ? Voir son pays d'origine
accumuler les retards dans les nouvelles technologies. «Si
j'étais resté en France, je n'aurais jamais connu
une telle réussite», estime-t-il. Après le
rachat de US Robotics, sa fortune personnelle devrait dépasser
les 400 millions de francs.
Jacques Henno
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