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Sur ce matériau révolutionnaire ultra-fin, on peut afficher n'importe quel texte ou image vidéo.
Voilà quelques semaines, les clients
de JC Penney, une chaîne de grands magasins américains,
ont découvert, suspendues au plafond de quelques points
de vente, d'immenses affiches magiques. Sur ces panneaux de 2
mètres sur 1,3, ils voient défiler des images, du
texte ou de la vidéo (portraits de sportifs, publicités
pour une marque, etc.). Explication : ces affiches sont réalisées
dans un matériau révolutionnaire, appelé
«papier électronique» et mis au point par E-Ink,
une start-up de la côte est des Etats-Unis.
A priori, cette feuille bleue de 3 millimètres d'épaisseur
n'est qu'un vulgaire bout de plastique. Mais, en fait, elle est
composée de millions de microcapsules, noires d'un côté,
blanches de l'autre. Chacune de ces billes est reliée à
un minuscule fil électrique, qui permet de la faire pivoter
selon l'impulsion envoyée. Ajoutez à cela des filtres
colorés très fins qui recouvrent toute la feuille,
et vous obtenez un support qui peut reproduire à l'infini
n'importe quel élément visuel, en noir et blanc
ou en bichromie. Autre avantage : très souple, ce papier
peut s'installer n'importe où, même sur un support
irrégulier.
«Dans un premier temps, nous visons le marché des
affiches et autres panneaux d'information utilisés dans
les entreprises, prévient Jim Iuliano, le président
d'E-Ink. Mais, d'ici trois à cinq ans, nous espérons
attaquer les secteurs de la presse et de l'édition.»
Lorsqu'il sera suffisamment miniaturisé, le papier électronique
permettra en effet aux particuliers de ne plus posséder
qu'un seul livre, réalisé dans ce matériau.
Ils pourront successivement «imprimer» ou plutôt
télécharger à partir d'un site Internet
le dernier livre de Tom Wolfe, «Le Grand Meaulnes»
ou un polar en vogue. Même chose pour les journaux et les
magazines qui n'auront plus besoin d'être imprimés,
mais qu'on transférera sur cette ardoise magique
Pour autant, fabricants de papier et imprimeurs ont encore un
bel avenir devant eux. Car, au stade actuel, le papier électronique
reste très coûteux (E-Ink ne dévoile aucun
chiffre à ce sujet). Et, surtout, pour l'instant, il n'est
pas possible d'écrire à la main sur ce support.
Tant pis pour ceux qui annotent les documents qu'ils lisent
Jacques Henno
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