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Alinto 'décentralise' les adresses mail
Paru sur Vnunet.fr le 11-05-2007
Par Jacques Henno
Ce prestataire lyonnais vise les collectivités qui veulent proposer à leurs administrés des adresses e-mail locales. C'est le cas de Pau.
Depuis mars dernier, les 14 000 habitants de Rive-de-Gier, les quelque 10 000 citoyens de Grigny et les 10 000 résidants de Pierre-Bénite, à côté de Lyon peuvent bénéficier gratuitement d’une adresse électronique sous la forme de monnom @ripagerien.net, monpseudo@grigny69.fr ou cequejeveux@pierrebenite.fr. Ils rejoignent ainsi les 14 000 habitants de Blanquefort, à côté de Bordeaux, et les 82 000 Palois, qui bénéficient - potentiellement - des mêmes services depuis, respectivement, mai 2004 et septembre 2005.
Alinto avait répondu à un appel d’offres lancé en 2003 par la ville de Blanquefort (Gironde), dont le maire, Vincent Feltesse (par ailleurs actuellement secrétaire national adjoint du PS en charge des NTIC), voulait offrir un courriel au nom de sa ville à tous ses concitoyens. "La municipalité a investi environ 40 000 euros HT et nous avons développé la première brique de P-mail, notre solution de messagerie publique en open source ", précise Philippe Gilbert, PDG d'Alinto.
Ce spécialiste des solutions de communication électronique, qui dispose d'un effectif de 11 personnes, affirme héberger 1 800 domaines de messagerie (pour le compte du groupe Bayard ou de M6 mais aussi d'Euronews) et gérer 800 000 comptes individuels.
Depuis, ce package est téléchargeable gratuitement, sous licence GPL, depuis le site p-mail.org. D’après Philippe Gilbert, une centaine d’organismes aurait téléchargé P-Mail et aurait choisi de gérer leur messagerie sans l’aide d’Alinto. "Par exemple, le conseil régional du Pays de la Loire a adopté P-Mail pour offrir une adresse électronique à tous ses élèves", affirme Philippe Gilbert.
Alinto a réalisé au cours de son dernier exercice (avril 2006-mars 2007) un chiffre d'affaires de 900 000 euros avec 17% de marge nette selon les chiffres communiqués par son PDG Philippe Gilbert. Auparavant, ce manager avait collaboré avec Jet Multimédia (hébergement de sites, services télécoms) et WebCity (city-guide).
Pau en a fait un outil de "marketing territorial"
Déjà en pointe pour tout ce qui touche au très haut débit et aux usages multimédia (voir encadré ci-dessous), la municipalité de Pau (Pyrénées-Atlantique) a aussi décidé de faire appel à Alinto et d’améliorer le service. "Elle a investi 27 950 euros HT pour sécuriser la messagerie électronique", explique Philippe Gilbert, natif de Pau. "Avec ce budget, nous avons développé un anti-virus et un anti-spam qui sont opérationnels depuis l’année dernière."
Bilan d'étape : Aujourd’hui, moins de 2000 habitants de Blanquefort et de Pau ont pris une adresse @blanquefort.net ou @pau.fr. "Pour la municipalité de Pau, ce service revient donc à 27 centimes d’euro par moi et par utilisateur", calcule Philippe Gilbert.
Avantage pour les abonnés ? Ils n’ont pas à modifier leur adresse mail lorsqu’ils changent de fournisseur d’accès à Internet. Et pour les élus ? " Leurs citoyens leur font du marketing territorial sans s'en apercevoir", reprend Philippe Gilbert. "A chaque fois qu’un Palois communique par e-mail, il envoie son adresse @pau.fr et son courrier électronique comporte en bas de page le slogan : 'Pau, la vie rêvée des villes' ! ."
Encadré : PBC doit encore séduire les habitants de Pau
"Aujourd’hui, 57% des particuliers et 80% des entreprises de l’agglomération de Pau-Pyrénées sont raccordables au réseau PBC, Pau Broadband Country", affirme Jean-Pierre Jambes, responsable du développement économique et TIC de l’agglomération. Soutenu avec ardeur par feu André Labarrere, député-maire de Pau et président de l’agglomération, dès 2002 et inauguré en 2004, Pau Broadband Country est une réussite ...d'un point de vue technique au moins. C'est un réseau en fibre optique qui permet, à partir de 40 000 prises raccordables, un accès à 10 Mbit/s symétriques et garanti pour 30 euros par mois.
Construit par l’agglomération, ce réseau a été loué au prestataire Axione (groupe Bouygues), dans le cadre d’un contrat d’affermage. Il s’agit d’un réseau "neutre" : n’importe quel opérateur peut venir y acheter des prises et intervenir au niveau 3 pour mettre sa couche de service. Mais pour l’instant, le succès grand public n’est pas encore au rendez-vous : "Moins de 4 000 particuliers [NDLR : sur les 140 000 habitants que compte l’agglomération] sont vraiment abonnés", confie un proche du dossier.
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